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vendredi 6 juin 2014

Top 10 des choses à faire cet été pour prendre soin de moi




Comme les exercices prescrits par le physio pour atténuer mes vertiges sont trop difficiles à faire, et que j’ai réalisé que mes symptômes sont souvent le reflet de mon moral, j’ai décidé de procéder autrement pour rétablir mon équilibre.

Je vais m’autoprescrire des choses à faire pour améliorer mon bien-être! J’ai bien hâte de voir quel effet ça aura sur mes vertiges, mais je suis sûre et certaine que ça ne peut que me faire du bien de toute façon.

Voici donc mon Top 10 des choses à faire cet été pour prendre soin de moi :

1.       Profiter de mon hamac

J’adore ma cour arrière. Ma maison est modeste, mais les grands arbres, les fleurs et la verdure qui l’entourent m’ont fait tomber en amour avec elle. J’ai un beau hamac au fond de la cour, juste en dessous de mon lilas et de mon aubépine. En fait, je triche : c’est le hamac que j’ai offert à Alexandre pour sa fête il y a deux ans. Mais bon, je pense ne m’y être étendue que deux ou trois fois. Alors cet été, je le réquisitionne pour m’y allonger SEULE (c’est-à-dire sans enfants qui sautent dessus à tout bout de champ ou qui essaient de me faire renverser!), de préférence avec une limonade à la main. Et peut-être un livre…

2.       Recommencer à lire

J’aime tellement lire! Pourtant, plus j’ai d’enfants, plus c’est difficile de trouver du temps pour lire et l’énergie pour le faire. Depuis que j’ai eu petite É., je suis tellement fatiguée que j’ai de la difficulté à me concentrer sur mes lectures et je finis par perdre le fil… Qu’à cela ne tienne, lire me manque et c’est cet été que je recommence à le faire. Justement, je viens de m’abonner à la revue Fleurs, plantes et jardins. Ce serait tellement agréable de lire mon magazine dans mon hamac (le hamac d’Alexandre, je sais…).

3.       Écrire sur ce blogue

J’ai toujours beaucoup écrit. J’ai une boîte pleine de journaux intimes dans mon garde-robe. J’ai commencé à rédiger mon premier à l’âge de sept ans! Je me plais à penser que lorsque je serai morte, mes enfants et petits-enfants auront le récit de toute ma vie. Malheureusement, au fil des années, j’ai eu de moins en moins de temps pour écrire et ça me manquait beaucoup. Lisant beaucoup de blogues depuis très longtemps, j’ai souvent pensé en créer un moi-même, mais j’avais peur de me lancer, de me révéler et de m’ouvrir. C’est mon amie Michèle qui m’a encouragée à le faire, et je suis bien heureuse de mon expérience jusqu’à présent. Alors, cet été, je continuerai de vous raconter des petits bouts de ma vie sur ce blogue.

4.       Prendre des bains

Bon, peut-être que je m’abstiendrai de prendre de longs bains chauds lors des périodes de canicule, mais je me promets de le faire lors de soirées plus fraîches. J’aime prendre un bain, la fenêtre de la salle de bains ouverte pour laisser entrer une petite brise et entendre le vent dans les feuilles de mes arbres… Me laisser tremper, tout en permettant à mes pensées de flotter doucement dans ma tête… J’en rêve déjà! Note à moi-même : BARRER la porte. Ne pas céder aux pleurs d’enfants qui me réclament, ni aux envies pressantes des grands. Ne plus accepter qu’ils me racontent leur vie entre deux poussées pour faire sortir leur caca, alors qu’ils trônent sur la toilette. Je mérite un bain tranquille, seule, et sans odeur nauséabonde.

5.       Jouer dans mes plates-bandes

Avant d’avoir une maison, je n’ai jamais pensé que j’aimerais autant jardiner. J’aime jouer dans la terre, planter, transplanter, déplacer mes fleurs, agencer mes végétaux dans mes plates-bandes. Mes voisins doivent se tordre de rire de lire ça. Je sais, il y a des tonnes de mauvaises herbes à travers mes jolies plantes, et mon gazon est parsemé de pissenlits et trop rarement coupé. Sachez, chers voisins, que je manque cruellement de temps pour jardiner à mon goût, mais un jour, mes petits grandiront, iront jouer avec les amis du quartier, et je pourrai m’amuser à l’infini dans mes plates-bandes! Ce sera un chef-d’œuvre de fleurs, de couleurs et de beauté, rien de moins. Vous n’en reviendrez pas! Bon, j’exagère un peu… En attendant, je vais modestement me contenter de jouer dans mes plates-bandes pour le plaisir et me détendre dès que j’en aurai l’occasion. Et je lirai mon magazine Fleurs, plantes et jardins dans mon hamac ou dans mon bain pour rêver à mes futures créations…

6.       Cuisiner plus souvent

Depuis la naissance de petite É., j’ai très peu cuisiné. Ma mijoteuse a été ma meilleure amie tout l’hiver, mais depuis l’arrivée du printemps, j’ai beaucoup moins envie de m’en servir. Il est temps de retrouver le plaisir de faire de la popote, d’aller au marché pour choisir avec soin mes aliments, de découvrir de nouvelles recettes estivales. Tiens, et si je me donnais comme défi d’apprendre à cuisiner sur le barbecue?

7.       Me faire coiffer les cheveux

J’ai pratiquement toujours les cheveux relevés en chignon ou attachés en queue de cheval. C’est vraiment ordinaire, mais comme j’ai une petite puce de 9 mois qui tire mes cheveux, les utilise comme mouchoir ou comme ramasse-régurgitations, les laisser lousse est impensable. Pourtant, j’aime mes cheveux et j’ai envie de me sentir belle. Je vais donc aller voir ma coiffeuse préférée, ma voisine, et me faire faire une belle tête!

8.       Aller marcher sur la montagne avec mon amoureux

Ça fait si longtemps qu’on en a envie! Maintenant que petite É. grandit et devient plus facile à faire garder, il est temps que nous allions faire une belle randonnée, juste nous deux. On pourra se retrouver et se parler sans être constamment interrompus par un ou plusieurs enfants. On a tellement de choses à se dire, et si peu de temps en tête à tête! On pourra se taire aussi, apprécier le silence si doux et confortable entre nous, et écouter les bruits de la nature, tout simplement.

9.       Voir mes amies

Mes enfants ont une vie sociale trépidante. Ils voient des amis d’école maison, d'anciens amis d’école, des amis du quartier, des amis scouts, des amis des cours de danse, etc. La fin de semaine, ma maison se transforme en centrale téléphonique et les appels et invitations à jouer chez l’un ou chez l’autre se succèdent. Autant l’avouer tout de suite : je suis jalouse! Je m’ennuie de mes amies que je vois trop peu souvent, des soupers qui s’éternisent tellement on a de choses à se raconter, des fous rires, des conversations si agréables… Cet été, je vais prendre le temps de voir mes amies. Mes enfants entretiennent leurs amitiés et je les encourage à le faire en leur disant à quel point c’est important. À mon tour maintenant!

10.   Danser

Il y aura une session d’été à mon école de ballet. Je n’étais pas certaine de m’y inscrire, les journées étant tellement chargées pendant la belle saison. De quoi sont-elles chargées, ces journées? D’activités et de sorties avec et pour les enfants… Danser me fait du bien, me détend, nourrit mon côté artistique et me garde en forme. C’est une activité à moi seule au cours de laquelle je peux vider mon esprit complètement. Alors je vais m’inscrire et je vais chausser mes souliers de ballet cet été!

C’est un grand défi pour moi de m’accorder du temps et de l’attention. Je suis tellement habituée d’être tout en bas de ma liste de priorités! Mais à partir de maintenant, je décide que je suis importante et que j’ai le droit de penser à moi.

Je vous dirai au cours de l’été si j’arrive à accomplir toutes ces choses pour me faire du bien. À suivre!

mercredi 4 juin 2014

L’histoire de mon tournis, ou comment ma labyrinthite m’a sauvée



Mes vertiges ne passent toujours pas, et me dérangent au plus haut point ces temps-ci. Je suis absolument incapable de faire les exercices prescrits par mon physio, car ils consistent à accentuer volontairement les symptômes afin de désensibiliser mon cerveau. Par contre, je suis totalement non-fonctionnelle après les avoir faits! Comme je dois m’occuper de mes enfants à temps plein et que j’ai toujours un ou deux tout-petits dans les bras, ce n’est pas du tout envisageable (ni sécuritaire, d’ailleurs) d’être constamment étourdie et nauséeuse.

Ce soir, j’ai eu la chance de lire le commentaire de Rebelle des Bois, qui suggérait, suite à la lecture de mon dernier billet sur mes séquelles de labyrinthite, d’essayer de comprendre la cause de mes vertiges.

Elle a tellement raison! Je suis allée prendre un bain, au cours duquel j’ai beaucoup réfléchi (et ratatiné, tellement j’ai trempé longtemps dans l’eau!). J’ai replongé dans le passé, au moment où j’ai été atteinte de cette terrible labyrinthite dont je subis les séquelles encore aujourd’hui. C’est une période difficile de ma vie dont j’ai choisi de vous parler, mais il est parfois nécessaire de se remémorer ce qu’on a traversé pour mieux avancer par la suite.

Il y a quatre ans, j’étais travailleuse sociale. Je venais à peine de finir mon bac., au cours duquel j’ai fait mon stage au programme Famille-Enfance-Jeunesse au CLSC. Sitôt sortie de l’université, je me suis trouvée un emploi en centre de réadaptation, auprès des enfants ayant un trouble de langage ou un trouble de développement et leur famille, bien entendu. J’étais si heureuse! J’adorais mon travail, et j’avais toujours souhaité faire de l’intervention familiale et être entourée d’enfants quotidiennement.

Malheureusement, toute bonne chose a une fin… Mon remplacement au programme jeunesse s’est terminé, et j’ai postulé sur un poste au programme adulte, même si je n’étais pas particulièrement attirée par cette clientèle, pour rester en réadaptation. J’aimais beaucoup ce milieu de travail et j’espérais qu’un poste s’ouvre en jeunesse éventuellement.

C’est ainsi que je me suis retrouvée à travailler auprès de gens atteints de maladies dégénératives (comme la sclérose en plaque, le Parkinson ou la SLA, par exemple) ou ayant eu un AVC ou un cancer du cerveau. Autant vous le dire tout de suite : j’ai détesté cet emploi dès le premier jour. Je ne m’y sentais pas à ma place, je me sentais incompétente, mal préparée et mal formée pour intervenir auprès de ces clients et de leur famille. De plus, j’ai découvert un tas de maladies dont j’ignorais l’existence, et que j’aurais sincèrement préféré ne jamais connaître tant elles étaient horribles!

Malgré tout, je voyais ce nouveau poste comme un défi et une belle opportunité d’élargir mon champ de compétences. Mon équipe de travail était absolument formidable et c’est grâce à mes super collègues que je réussissais à garder le moral. De plus, je ne travaillais que trois jours par semaine, ce qui était parfait étant donné que je devais accompagner ma fille chez l’ergothérapeute chaque semaine, en plus de devoir communiquer régulièrement avec l’orthopédagogue et l’enseignante.

Ce nouvel emploi, qui était franchement hors de ma zone de confort, et tout le stress engendré par la situation particulière de ma fille, ont tranquillement commencé à m’écraser. Je sentais bien mon moral qui descendait, descendait, descendait… Mais je tentais de me convaincre que tout irait bien, que j’allais remonter la pente, que j’allais y arriver.

Un soir, inquiète du retard de mes règles, j’ai passé un test de grossesse. Une petite ligne rose est apparue. Puis une autre. J’étais enceinte. Et j’étais paniquée. Nous savions que nous voulions d’autres enfants, mais je me sentais si vulnérable émotivement et mentalement que j’avais vraiment l’impression que ce n’était pas le bon moment. J’étais bouleversée… d’être bouleversée. Moi qui aime tant les bébés, qui voulais une famille nombreuse, comment pouvais-je ne pas être transportée de joie d’être enceinte? Je ne me reconnaissais plus.

Parallèlement à tout ça, la santé de ma fille nous inquiétait. Elle grandissait trop vite, mangeait comme un ogre, et sa puberté était bien enclenchée depuis qu’elle avait 5 ans (beaucoup trop tôt, il va sans dire!). Notre pédiatre nous avait envoyés passer des tests en endocrinologie afin de comprendre ce qui se passait. L’hypothèse la plus probable était un dérèglement hormonal bénin et temporaire qui se résorberait sans conséquence.

Alors que j’étais enceinte de 8 semaines, fatiguée, déprimée et aux prises avec de terribles nausées, nous avons appris que ce n’était pas qu’un dérèglement hormonal bénin. Ma fille était atteinte d’hyperplasie congénitale des surrénales, devrait prendre de la médication pour le reste de ses jours et sa santé (voire même sa survie) pouvait être menacée lorsqu’elle tombe malade. C’était le choc total. Et comme il s’agissait d’une maladie congénitale et que j’étais enceinte, on nous a fortement conseillé d’entreprendre une démarche en génétique afin de savoir si bébé était atteint et si d’autres anomalies pouvaient être détectées.

À 13 semaines de grossesse, je suis allée passer une échographie pour le suivi en génétique à l’hôpital Ste-Justine. J’étais très nerveuse, car je fondais beaucoup d’espoir sur cette échographie pour voir mon bébé et m’attacher à lui. Ma grossesse me rendait très malade et inconfortable, et je savais que je me sentirais mieux et que je pourrais commencer à l’apprécier une fois que j’aurais rencontré ce petit humain qui grossissait en moi.

Quand j’ai vu mon bébé sur l’écran, je suis tombée en amour avec lui. Je l’ai instantanément trouvé beau. Il était parfaitement formé, et avait de magnifiques petites mains qui semblaient tendues vers nous. Je l’ai trouvé calme. Trop calme. Immobile. Mort.

Je ne me souviens plus ce que la généticienne m’a dit. Je devais avoir un curetage le lendemain matin. Bébé en a décidé autrement. Ce soir-là, je l’ai accouché dans ma toilette. Puis je suis allée border mes enfants pour la nuit, comme si de rien n’était. Je n’avais plus de cœur, plus d’âme, plus de corps, plus de bébé dans le ventre. J’ai pensé devenir folle.

Une semaine plus tard, j’étais de retour au travail. C’est la durée normale d’un congé après une fausse couche, semble-t-il. J’étais pâle comme un drap. Je saignais encore beaucoup. J’avais le cœur en lambeaux. J’étais en deuil de mon bébé. En deuil de la santé de ma fille. Et je devais, chaque jour dans le cadre de mon travail, accompagner des gens malades et leur famille dans le processus de deuil et d’acceptation de la maladie. C’était atroce.

Mon moral, déjà pas très haut avant même le diagnostic de ma fille et la fausse couche, a continué de descendre, descendre, descendre… Et moi, je continuais à vivre, chaque jour, comme un zombie, un automate.

Quelques semaines plus tard sont apparus les vertiges et la foudroyante labyrinthite dont je vous ai déjà parlé. Même une fois ce foutu virus parti, je n’allais pas vraiment mieux. Un soir, Alexandre m’observait et m’a dit, d’un ton triste : « Tu as l’air tellement éteinte… » J’ai eu mal, très mal qu’il me dise ça. Je ne suis pas une fille éteinte. Je suis une fille joyeuse, dynamique, chaleureuse, curieuse. Allumée. Pas éteinte.

Je suis allée voir mon médecin de famille, qui m’a immédiatement mise en arrêt de travail. Je faisais un genre de « burn-out », dû à tout ce que j’avais vécu en si peu de temps. Elle m’a dit que j’étais allée consulter juste à temps. Une coche de plus, et c’était une dépression qui me guettait.

Je suis aussi allée voir une extraordinaire psychologue, qui m’a énormément aidée. Elle m’a dit : « Tu as l’impression que ta vie est sens dessus dessous, non? Que tu as perdu l’équilibre, que tu ne sais plus où tu vas. Pourquoi alors es-tu surprise d’avoir des vertiges? La partie de notre corps qui contrôle l’équilibre, le labyrinthe, est située dans l’oreille. Que fais-tu chaque jour dans le cadre de ton travail? Tu écoutes des gens te raconter leur histoire… As-tu besoin que ton corps t’envoie encore un signe plus clair? »

Non, c’était très clair. Évident même. Comme de l’eau de roche.

Quelques semaines plus tard, avant même que mon congé de maladie soit fini, j’ai remis ma démission. Je ne savais pas ce qui m’attendait, ni où je travaillerais. Ça n’avait plus d’importance. Alexandre, quant à lui, me supportait à 100 %. Il n’était pas inquiet pour notre avenir, ni pour nos finances, ni pour ma carrière. Il était inquiet pour MOI, et avait vraiment hâte que je redevienne moi-même.

Quatre ans plus tard, je ne suis plus travailleuse sociale. J’ai eu deux autres enfants. Je fais l’école à la maison. Je suis heureuse.

Pourquoi alors ai-je autant de vertiges ces temps-ci? Parce que mes deux plus jeunes ne font pas encore leurs nuits et que je suis vraiment fatiguée. Parce que l’entreprise de mon mari est florissante, mais qu’il travaille un nombre incalculable d’heures. Parce que la fin de l’année scolaire et la présentation du portfolio me stressent. Parce que je ne pense pas assez à moi.

Heureusement, je suis à des années-lumière de l’état misérable dans lequel j’étais il y a quatre ans. Mais mes vertiges me rappellent que malgré que notre vie soit un tourbillon complètement fou ces temps-ci, je dois prendre du temps pour MOI. Me faire plaisir. Me gâter, même. Je le mérite bien, non? Cette fois, je vais écouter les signes que mon corps m’envoie, et je ne laisserai pas ces vertiges me faire perdre la tête!

dimanche 25 mai 2014

Tu me fais tourner la tête...

La tête me tourne. Depuis quatre ans. Et contrairement à la chanson de Piaf, ce n'est pas l'amour qui me fait cet effet!

Il y a quatre ans, de façon subite en plein après-midi, je me suis mise à avoir des vertiges. Vous savez, le genre de sensation que l'on ressent dans les manèges de La Ronde? Eh bien voilà, ce genre de vertiges. Mais pas seulement quelques minutes, le temps d'un tour de manège, non : en continu. Non stop. Sans arrêt.

C'était vraiment paniquant. J'étais au travail, et je devais conduire une bonne vingtaine de minutes pour revenir à la maison. Je ne savais pas ce qui m'arrivait, et je me sentais de plus en plus mal. Je ne sais pas comment j'ai fait pour revenir saine et sauve, mais je me souviens de l'effort de concentration extrême que je devais déployer pour maintenir ma voiture en ligne droite. Je me souviens très bien de la peur que j'avais dans le ventre, ne sachant pas ce qui se passait.

En soirée, les vertiges se sont légèrement atténués, et j'en éprouvai un immense soulagement. Mais ce répit fut de courte durée. En me levant pour aller faire pipi en plein milieu de la nuit, j'ai réalisé que je n'avais plus aucun repère dans l'espace : tout semblait bouger autour de moi!

Le lendemain matin, bien sûr, pas question d'aller au travail. Les vertiges étaient à leur apogée et j'étais aux prises avec d'intenses nausées. Direction chez le docteur, et ça presse! Luttant de toute mes forces pour ne pas vomir, ni dans l'auto, ni dans le cabinet du médecin, j'anticipais les pires scénarios. ACV? Tumeur du cerveau? Problème neurologique? Oui, vous aurez deviné que j'ai un tempérament très anxieux et assez hypocondriaque...

Finalement, après que le docteur m'ait examinée et fait faire toutes sortes de gestes bizarres avec mes bras et mes mains (pour vérifier ma coordination, je crois), le diagnostic tombe : labyrinthite virale. Et il n'y a rien à faire, seulement à attendre que ça passe. Il me prescrit un médicament inhibiteur de vertiges (qui n'ont d'ailleurs eu aucun effet) et du Gravol, mais c'est tout ce qu'il peut faire pour moi.

La semaine suivante a été atroce. J'ai passé trois jours couchée dans mon lit, dans le noir, les yeux fermés. Dès que j'ouvrais les yeux, je vomissais tellement j'étais étourdie. Puis, tranquillement pas vite, les symptômes se sont atténués. Mais très tranquillement. Très pas vite.

J'ai été en arrêt de travail pendant presque deux mois à cause de ce foutu virus. Le plus difficile a été de recommencer à conduire, et je dirais que la conduite automobile est encore inconfortable parfois. Car depuis quatre ans, les vertiges ne sont jamais complètement disparus. Certains mouvements les occasionnent, les transports, le stress, la fatigue, et je suis incapable de faire mes pirouettes à gauche dans mes cours de ballet (c'est mon oreille gauche qui a été atteinte par le virus).

Le mois passé, j'ai passé un test en labyrinthologie afin de savoir si mes vertiges étaient des séquelles de labyrinthite ou s'ils sont causés par autre chose (un nerf coincé dans le cou, par exemple, ou du liquide derrière les tympans). Le test est très clair : le "centre de l'équilibre" de mon oreille gauche a été très endommagé par le virus et ne fonctionne plus qu'à 50%.

La bonne nouvelle : ce n'est pas d'origine neurologique, et ma condition pourrait s'améliorer si je fais des exercices de rééducation vestibulaire. La mauvaise nouvelle : les exercices prescrits par mon physio sont vraiment intenses et exacerbent mes vertiges et nausées.

Je ne sais pas si j'arriverai à faire le programme d'exercices qu'il m'a prescrits, mais je vais essayer. Parce que j'en ai vraiment assez que la tête me tourne...