Qui suis-je?

mardi 26 avril 2016

École à la maison : fin de parcours

Plus que deux mois et l’année scolaire sera terminée pour les écoliers du Québec.

Pour grande M. et moi, ce sera la fin d’une expérience à la fois extraordinaire et enrichissante, mais aussi très exigeante : l’école à la maison.

Au bout du compte, elle aura fait sa 3e, 4e, 5e et 6e année à la maison. Nous avons rencontré des familles formidables qui ont fait le même choix éducatif que nous, nous nous sommes faits des amis pour la vie, avons appris tout plein de choses, fait de magnifiques sorties et activités qui n’auraient pas été possibles si elle avait été à l’école.

D’un point de vue académique, je ne sais pas si j’ai vraiment pu faire mieux que ce que l’école aurait fait si elle y était restée. Ses troubles d’apprentissages sont toujours là, bien entendu, et ne disparaîtront jamais. Mais je pense sincèrement que l’enseignement en un à un, sans les distractions présentes dans un contexte scolaire ni la pression de performance qui vient automatiquement avec les constantes évaluations, lui a permis d’apprendre plus calmement. Chose certaine, son rythme a été respecté et j’ai pu adapter les méthodes d’enseignement à sa façon propre de comprendre et d’apprendre.

D’un point de vue social, je suis absolument certaine que l’école à la maison lui a été bénéfique. Elle était plutôt rejetée, quand elle allait à l’école, et ça l’a beaucoup marquée. Dans le groupe d’école maison, elle a rencontré des amis qui l’ont acceptée sans jugement. Elle n’était pas identifiée comme « la pas bonne à l’école, celle qui dérange en classe et qui est différente ». Pour les enfants qui ne vont pas à l’école, ces qualificatifs n’ont pas de sens, de toute façon. Elle pouvait devenir amie avec des enfants, garçons ou filles, qui avaient des intérêts communs avec elle, peu importe leur âge ou leur niveau scolaire. D’ailleurs, les enfants scolarisés à la maison ne se demandent jamais « tu es en quelle année? », ça n’a pas de sens pour eux. Plus vieux et plus jeunes jouent ensemble selon leurs atomes crochus, et je n’ai jamais vu d’enfant rejeté dans le groupe d’école à la maison.

Cette expérience de socialisation positive, où grande M. a été acceptée pour ce qu’elle était, a eu un impact majeur sur sa confiance en elle. Elle s’est ensuite facilement intégrée aux scouts, puis au camp d’été où elle a séjourné deux semaines l’été dernier, et elle dégage confiance, humour et ouverture aux autres. Elle sait maintenant qu’elle peut se faire des amis et quelle valeur elle a en tant que personne.

Je crois aussi qu’elle est plutôt fière d’avoir un parcours différent des autres. À cette étape-ci de sa vie, où l’adolescence pointe le bout de son nez et que chaque jeune veut se distinguer des autres, être unique et attirer l’attention, on peut dire que de ne pas avoir été à l’école est une bonne façon pour elle de se démarquer! L’autre jour, nous étions au parc avec un groupe de familles qui font l’école à la maison. Ce parc se trouvant près d’une école secondaire, les élèves de l’école s’y sont rejoints pour passer le temps sur l’heure du diner. Parmi ceux-ci se trouvait une amie de grande M., qui va aux scouts avec elle, entourée de sa « gang ». Lorsqu’elles se sont vues, grande M. et son amie se sont jetées dans les bras l’une de l’autre et les jeunes filles de la gang se sont mises à poser mille et une questions à grande M. « À quelle école tu vas? Qu’est-ce que tu fais au parc? Tu es avec qui? » Grande M. leur a expliqué qu’elle faisait l’école à la maison et qu’elle était au parc avec sa mère et des amis du groupe d’école maison. Après les exclamations typiques (« Tu ne vas pas à l’école? Mais c’est qui ton prof? Comment tu passes tes examens? »), se sont suivis des commentaires, typiques eux aussi : « Tu ne vas pas à l’école!!! Wow, tu es tellement chanceuse!!! » Grande M. rayonnait de fierté et s’amusait ferme à répondre à toutes ces questions!

Que de temps a passé depuis que j’ai retiré de l’école une petite poupoune de 2e année, déprimée, rejetée et dont l’estime d’elle-même était au 10e sous-sol! Je me retrouve aujourd’hui avec une grande fille de 12 ans, presque 13, confiante, sûre d’elle, pleine d’humour et de joie de vivre, qui est consciente de ses difficultés et de ses limites, mais qui les accepte.

L’an prochain, c’est le secondaire qui l’attend. Elle a passé des examens de français et de maths en janvier, afin de la classer pour son retour à l’école. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Je sais bien sûr ce qu’elle est capable de faire et où elle est rendue, académiquement, mais comme je n’avais aucune idée du format des examens et du type de questions posées, je ne savais pas ce que ça donnerait.

Finalement, elle a eu de bons résultats en français (60 % en rédaction de texte et 62 % et 64 % en compréhension de textes). Pour une dyslexique-dysorthographique, qui de surcroît n’avait pas pu être préparée aux examens parce que je ne savais pas ce qu’il y a aurait dedans, c’est très bien! En maths, par contre, c’est une autre histoire : elle s’est solidement plantée. Je m’y attendais. Les maths sont sa bête noire, particulièrement depuis la 5e année, où la matière s’est grandement complexifiée et est beaucoup plus abstraite qu’avant.

Je m’attendais à ce qu’ils la classent en formation adaptée, en raison de ses troubles d’apprentissage et du fait que ce soit un retour à l’école pour elle après quatre ans à la maison. Les intervenants scolaires l’ont plutôt classée au régulier, avec soutien en maths. Je ne sais pas trop quoi penser de ce classement. Une partie de moi est contente et fière, puisque ça lui permettra de choisir l’option Arts plastiques, qui est vraiment une grande passion pour elle. De l’autre côté, je sais que ce sera un énorme défi et je crois que la formation adaptée aurait peut-être été préférable pour elle. Or, comme ses résultats en français sont satisfaisants, elle n’aura pas accès à ce programme.

J’ai décidé de ne pas m’en faire avec ça. Si elle se plante l’an prochain, ils réviseront probablement son classement. Et si, encore une fois, elle me surprend et s’en tire bien, alors tant mieux! De son côté, grande M. n’est pas du tout inquiète ni anxieuse par rapport à son entrée au secondaire et je suis toujours pleine d’admiration face à sa confiance en elle et en l’avenir. Moi qui suis anxieuse de nature, je l’envie tellement de ne pas avoir peur! Je vais m’inspirer d’elle et simplement me dire qu’advienne que pourra. En fait, sa seule inquiétude pour l’an prochain, c’est de voir si les filles qui se moquaient d’elle quand elle allait à l’école allaient encore être sur son dos… Ce rejet l’a vraiment beaucoup marquée, malheureusement.  J’essaie de la rassurer en lui disant que les gens changent, et que ça fait déjà quatre ans depuis cette époque. Il y a de bonnes chances que tout ça soit du passé. De toute façon, aujourd’hui, elle saurait bien répliquer et se défendre…


D’ici la fin de l’année scolaire, nous devrons aller présenter un portfolio à la direction d’école et peut-être grande M. devra-t-elle faire des examens de fin d’année, ça reste à confirmer. Nous faisons donc essentiellement de la révision, surtout en maths, et nous avons aussi beaucoup de sorties et d’activités prévues avec le groupe d’école maison. Et on va profiter du temps qu’il nous reste ensemble, grande M. et moi, pour finir en beauté cette magnifique aventure d’école maison!

lundi 14 mars 2016

Peur de vieillir

En fin de semaine, nous sommes allés à l’urgence avec petite É. Elle a fait une mauvaise chute et avait de grandes douleurs au cou. Finalement, les radiographies n’ont révélé aucune atteinte à la colonne vertébrale et elle s’en tire avec un solide torticolis. On a eu toute une frousse, c’est fragile un cou, mais ce n’est rien de grave, heureusement!

L’urgence était très achalandée et plusieurs patients étaient couchés sur des civières, dans le couloir, faute de chambres.

Tandis que nous attendions que petite É. passe ses radiographies, j’ai aperçu un homme qui semblait très âgé, semi-couché dans sa civière. Il n’avait presque plus de cheveux, sa peau était si pâle et mince qu’on pouvait clairement distinguer ses veines à travers. Il était mal installé dans son lit, sa couverture avait glissé et laissait voir ses jambes toutes maigres et son caleçon blanc. Il était seul, sans accompagnateur.

Je le voyais se tortiller de plus en plus sur son lit. Lorsque la radiologiste est passée près de lui, il a tenté d’attirer son attention : « C’est parce qu’il faudrait que j’aille aux toilettes… » La radiologiste, l’air ennuyée, lui répondit : « Vous ne pouvez pas y aller, vous attendez pour vos radios. »

Docile, le vieil homme s’est recouché, l’air mal à l’aise et inconfortable. Lorsque la radiologiste est passée à nouveau devant lui, il lui dit à nouveau : « Faut que j’aille aux toilettes… » Elle lui répondit, d’un ton impatient, sans même le regarder : « Je vais voir ce que je peux faire ». Le monsieur m’a regardée, l’air dépité. Nous savions tous les deux qu’elle ne ferait probablement rien du tout.

Le monsieur se tortillait de plus en plus. Au bout d’un moment, n’y tenant plus, il a essayé de se lever de son lit. Je lui ai alors dit de rester assis, que j’irais trouver quelqu’un pour l’aider, moi. J’ai vu un membre du personnel, je ne sais pas de quelle profession, entrer dans un bureau au fond du corridor. Je m’y suis dirigée.

Moi : « Excusez-moi, madame, mais il y a un monsieur très âgé qui a besoin d’aller aux toilettes, il demande depuis longtemps et personne n’est venu l’aider. Là, il essaie de se lever pour y aller… »

Intervenante, en soupirant : « Ah ben non, il ne peut pas se lever! »

Elle s’est dirigée vers lui : « Vous ne pouvez pas vous retenir, monsieur? Vous n’avez pas de couche? »

Monsieur : « Non, pas de couche. Non, là, je ne peux plus me retenir ben ben… »

Elle a quitté et quelques instants plus tard, une préposée aux bénéficiaires est enfin arrivée avec un contenant pour recueillir l’urine.

Préposée, parlant très fort : « Vous êtes monsieur qui, vous? »

Monsieur : « Monsieur X. »

Préposée : « Vous venez d’où? »

Monsieur : « De Saint-Hilaire »

Préposée, riant : « Hahaha, ben non, pas votre ville, votre département d'hôpital! Vous venez des urgences? De la gériatrie? Bon, vous allez faire pipi là-dedans ».

Monsieur : « C’est parce que j’ai une autre envie… »

Préposée, l’air découragée : « Ah ouin… ben là va falloir que j’aille voir dans votre dossier, je ne sais pas si je peux vous lever. »

Elle quitte, et revient plus tard accompagnée d’une autre préposée.

Préposée 1 : « Je ne trouve pas son dossier, je ne sais pas si on peut le lever. On apporte une bassine? »

Moi, qui assistais à la scène, j’étais mortifiée de penser que ce pauvre monsieur devrait faire caca dans une bassine, dans un couloir passant, sous les néons, sans aucune intimité.

Préposée 2 : « Attends, je vais retourner voir les dossiers ».

Pendant ce temps, l’autre préposée est restée près du monsieur, silencieuse. Elle ne lui a pas parlé, ne s’est pas intéressée à lui, ne lui a posé aucune question.

Préposée 1, de retour, toujours en parlant vraiment très fort : « C’est beau, on peut le lever! Venez-vous en, monsieur, on s’en va à la toilette! »

Les préposées se mirent à deux pour aider le vieil homme à se diriger vers la salle de bain. Il marchait à tout petits pas, sur ses petites jambes frêles. J’ai pensé qu’il allait être mieux bientôt. Avoir mal au ventre pendant plus d’une demi-heure sans pouvoir soulager son intestin, ça doit être terriblement inconfortable…

Je n’ai pas revu le monsieur, puisque peu de temps après, petite É. a terminé ses examens en radio et nous avons été emmenés dans une autre salle. Mais j’y ai beaucoup repensé.

Ce monsieur X, de Saint-Hilaire, avait toute une vie derrière lui. Peut-être avait-il eu une entreprise, ou un commerce, ou qu’il avait été employé quelque part. Peut-être aimait-il les arts, ou le sport. Il avait peut-être une épouse, ou peut-être en a-t-il eu plusieurs au cours de sa vie, qui sait? Des enfants, des petits-enfants, peut-être même des arrière-petits-enfants? Peut-être pas. C’était peut-être un homme solitaire. Ou un vieux garçon. Ou pas. Il a sans doute accompli plein de choses intéressantes dans sa vie. Il a peut-être déjà été reconnu pour des qualités ou des accomplissements particuliers. Peut-être pas non plus.

En fait, monsieur X, de Saint-Hilaire, est vieux. Sa vie, son passé, les événements qui ont fait de lui l’homme qu’il est n’ont pas beaucoup d’importance, quand il est seul à l’urgence. Sans doute les intervenants n’ont-ils pas le temps de s’intéresser à lui, ils sont très occupés après tout. Ou peut-être ne sont-ils pas très intéressés, tout simplement.

Ce soir-là, Monsieur X de Saint-Hilaire n’était qu’un vieil homme mal pris parce qu’il avait envie de caca.

Nous sommes bien peu de chose. Surtout quand on est vieux.


J’ai vraiment peur de vieillir…

mercredi 9 mars 2016

Overdose de spécialistes

Mes dernières semaines ont été ponctuées par de très nombreux rendez-vous, principalement pour grande M. C’est ainsi depuis qu’elle a 14 mois, je suis donc habituée de courir à gauche et à droite pour voir différents professionnels. N’empêche, c’est épuisant.

Orthopédagogue, pédiatre, endocrinologue et son résident, prises de sang, kinésiologue, évaluations par les enseignantes de l’école de quartier, et j’en oublie probablement… Ça fait beaucoup de rencontres, beaucoup de monde qui « se mêle de nos affaires » — même si bien entendu c’est pour nous aider — beaucoup d’avis professionnels, beaucoup de recommandations, etc.

C’est pourquoi, quand notre orthophoniste m’a contactée pour prendre rendez-vous (nous ne l’avons pas vue depuis avant Noël), je me suis sentie lasse. Ne vous méprenez pas : j’adore notre orthophoniste, elle est vraiment exceptionnelle, sympathique et nous aide énormément. Mais tout à coup, ce rendez-vous supplémentaire me semblait de trop.

J’ai donc décidé de prendre une pause de rendez-vous, du moins, de ceux que je peux me permettre de mettre de côté sans impact sur la santé de ma fille. Je me sens en overdose de spécialistes, j’en ai assez. Je l’ai expliqué à notre orthophoniste, qui a très bien compris ma situation, et qui reste disponible pour nous voir lorsque j’en ressentirai le besoin.

Ça fait du bien. Grande M. est habituée aux rendez-vous et aux évaluations, elle aussi, mais elle ne se plaindra certainement pas d’en avoir moins pour un temps.

Nous reverrons l’endocrinologue et le pédiatre l’été prochain seulement, ainsi que la kinésiologue de Circuit. J’ai mis un terme au suivi en orthopédagogie. Je prends une pause d’orthophonie. Quant à l’école, on verra bien s’ils veulent que grande M. passe des évaluations à la fin de l’année, mais comme elle vient tout juste de passer trois jours complets en examen de maths et de français, j’espère bien pouvoir les convaincre de laisser tomber ceux de juin.

Entre temps, on fait ce qu’on a à faire pour poursuivre notre routine d’école à la maison jusqu’à la fin de l’année scolaire. De belles sorties et activités sont prévues et je veux en profiter au maximum avec ma grande avant qu’elle retourne sur les bancs d’école.


Oui, vraiment, une petite pause de rendez-vous nous fera le plus grand bien!

jeudi 3 mars 2016

Semaine de relâche pouet pouet

Nous sommes jeudi, c’est la semaine de relâche. Il reste donc aujourd’hui et demain de « vacances » avant que nous soyons en fin de semaine normale, et qu’ensuite reprenne la routine.

J’avais donné congé de garderie à mes deux tout-petits cette semaine, et mes grands ont bien sûr congé d’école. Je me réjouissais à l’avance de passer du temps avec tous mes mousses, sans horaire, sans course matinale, totalement libres de faire ce dont nous avons envie. Je nous imaginais aller jouer dans la belle neige blanche, faire des forts et des bonshommes de neige, aller glisser, voir ma sœur et des amis, peut-être aller au centre d’amusement…

Finalement, ma semaine de relâche est plutôt « pouish ». Nous avons tous eu un gros rhume à tour de rôle depuis la fin de semaine dernière. Il y a donc toujours quelqu’un qui mouche, qui morve et qui chigne dans la maison…

Lundi et mardi, c’est moi qui étais malade. Je n’avais envie de rien, seulement de rester en pyjama toute la journée avec ma boîte de mouchoirs dans les bras. Évidemment, ce sont ces jours-là que mon énergique petit L. était en pleine forme et avait un besoin fou de bouger. Amorphe, le nez tout rouge et ayant mal partout, je le regardais courir partout et faire des mauvais coups les uns après les autres, complètement découragée.

Puis, je me suis souvenue du mini-trampoline, rangé dans l’atelier depuis longtemps. Je l’ai emmené dans le salon après avoir enlevé la poussière et petit L. et petite É. se sont mis à sauter dessus à tour de rôle, dans le plus grand bonheur. Ils se sont fait un petit trajet : ils couraient depuis le fond du corridor, sautaient sur le trampoline et rebondissaient sur le divan du salon. De quoi dépenser leur énergie en masse!

Mardi après-midi, je me sentais un peu mieux et il faisait beau. Nous sommes donc allés prendre une marche jusqu’au club vidéo. Prendre l’air m’a fait le plus grand bien! À notre retour, les petits voulaient jouer dans la cour. Malheureusement, notre terrain au complet était recouvert de glace, à cause du verglas tombé la veille. Petite É. tombait sans cesse et c’était super dangereux. Nous sommes donc rentrés et avons écouté le film qu’ils avaient choisi.

Mercredi, une énorme tempête de neige était prévue. J’étais tout excitée à la perspective d’avoir une belle bordée de neige pour enfin jouer dehors! Je m’étais préparée, nous avions des livres, des films et de la bouffe au cas où ne nous pourrions pas sortir. Évidemment, mes pelles et mes habits de neige étaient aussi prêts! Finalement, pouet pouet la tempête! Nous n’avons eu que quelques minuscules petits centimètres de neige et beaucoup de vent. Les bourrasques de vent rendaient les jeux extérieurs vraiment désagréables, nous ne sommes donc pas sortis.

Aujourd’hui, il fait beau, mais très froid. Petite É. morve encore. Je me sens fatiguée et j’ai juste hâte que la semaine de relâche soit finie et qu’Alexandre soit à la maison en fin de semaine. Mes grands ont des amis à la maison et s’amusent bien, au moins, même si c’est au tour de grande M. d’avoir le nez qui coule…

Bref, ma semaine de relâche ne se déroule pas du tout comme je l’aurais souhaité. Je pense que mes deux grands en profitent quand même plutôt bien, ils voient des amis tous les jours et en sont bien heureux. Quant à mes petits, ils écoutent un peu plus de télé que ce que j’aurais voulu et on joue beaucoup moins dehors que ce que j’avais anticipé, mais bon… tant pis!


Le printemps s’en vient, la belle température aussi, les virus auront quitté les chaumières, et j’en ai bien besoin!

vendredi 5 février 2016

Les animateurs scouts ne sont pas de sales pervers


Disons-le d’emblée : je suis rarement en accord avec les opinions de Richard Martineau. Cette fois-ci ne fait pas exception. La plupart des pédos sont des chefs scouts, vraiment? Y a-t-il vraiment lieu de se demander, chaque fois qu’on voit un homme animer aux scouts, s’il est un pépère pervers?

La chronique de Monsieur Martineau faisait référence, bien entendu, à l’arrestation de treize hommes (dont deux étaient animateurs scouts)dans le cadre de l’opération Malaise, qui ciblait un club social de présumés pédophiles. Oui, oui, un club social d’hommes qui se rencontraient pour se donner des trucs sur la meilleure façon d’approcher des enfants, s’échanger des images de pornographie junévile, et je ne sais quoi d’autre encore que je n’ose même pas imaginer.

C’est dégueulasse.

Un aller simple vers une île déserte, svp!

Je siège sur le C.A. du groupe scout de ma ville. Mon mari est animateur scout. Plusieurs de mes amis le sont aussi. Deux de mes enfants sont scouts et les deux autres le seront sans doute dès qu’ils en auront l’âge. Autant dire que le mouvement scout, je l’ai dans le cœur et je l’ai à cœur!

Malgré tout, à l’annonce de cette nouvelle dégoûtante, ce n’est pas ma solidarité et mon amour du scoutisme qui est ressorti le premier. C’est mon cœur de maman, mon désir de protéger mes enfants envers et contre tous. Une boule d’inquiétude est apparue dans mon ventre, dans ma gorge. J’avais l’impression d’être trahie, de ne plus pouvoir faire confiance à personne.

Ce jour-là, lorsque les informations concernant cette vague d’arrestations sont sorties, je n’avais qu’une envie : prendre mes enfants tout contre moi et partir vivre sur une île déserte. Loin des menaces, loin de la folie des hommes, loin des dangers.

Mais qui sont les animateurs scouts?

Une fois la poussière un peu retombée, je me suis à peu près remise de mes émotions. J’ai pensé à tous les animateurs scouts que je connais, que j’aime et que j’apprécie. Je me suis rappelée pourquoi ils animaient.

Plusieurs ont été scouts eux-mêmes, alors qu’ils étaient enfants. Mon mari fait partie de ces enfants qui ont pu grandir, s’épanouir et se développer grâce au scoutisme. Leur sentiment d’appartenance au mouvement est extrêmement puissant en raison de toutes les expériences formidables qu’il leur a fait vivre. Passionnés, scouts jusqu’au plus profond de leur âme, ils veulent maintenant transmettre aux enfants les valeurs qu’ils ont apprises. Ils ont tant reçu du scoutisme qu’ils se font un point d’honneur de donner au suivant.

D’autres sont devenus animateurs quand leurs enfants sont entrés dans les scouts. Bien souvent, c’était une façon parfaite de faire une activité avec leur progéniture et de partager des expériences extraordinaires avec eux. La plupart se sont laissé prendre par la passion du scoutisme et n’ont jamais cessé d’animer ou de s’impliquer au sein du mouvement, même une fois leurs enfants rendus grands!

D’autres n’ont pas d’enfants, et n’ont pas été scouts lorsqu’ils étaient enfants non plus. Ils sont là parce qu’ils ont le bien-être des jeunes à cœur, leur instinct maternel ou paternel est souvent très fort, et ils veulent contribuer à l’épanouissement des enfants qui leur sont confiés à titre d’animateur. Parce que ça se peut, vous savez, aimer les enfants, purement et simplement.

Comment fait-on pour devenir animateur?

Depuis le démantèlement du club social de présumés pédophiles, j’en ai entendu des vertes et des pas mûres à propos des scouts. Certains croient que n’importe qui peut devenir animateur n’importe comment. Qu’on entre dans le mouvement scout aussi facilement que dans un moulin.

Mais bien sûr que non! Je serais la première à retirer mes enfants du groupe scout si les procédures de recrutement n’étaient pas assez strictes, croyez-moi. L’Association des scouts du Canada a un protocole officiel très rigoureux pour quiconque veut devenir animateur.

D’abord, sachez que les antécédents judiciaires de tous les candidats sont vérifiés par les corps policiers. Ensuite, ils doivent passer une entrevue avec des membres gestionnaires ou des animateurs chevronnés, et donner des références qui seront scrupuleusement vérifiées.

Ensuite, ils sont soumis à une période de probation. Une fois mis en contact avec les jeunes, et ceci est valable pour tous les animateurs sans exception, ils doivent respecter un Code de conduite à la lettre. De plus, notre groupe a comme règle d’or qu’un jeune ne doit jamais être seul avec un animateur, en aucune circonstance. Cette règle vise à la fois à protéger les enfants et les animateurs qui, malheureusement, pourraient aussi être accusés à tort d’attouchements sexuels.

Les animateurs se doivent d’être toujours au-dessus de tout soupçon, c’est primordial.

Pourrait-on faire plus pour protéger les enfants?

Bouleversée par les événements, et probablement portée par ma formation en travail social, j’ai tenté d’en savoir plus sur les agresseurs sexuels. J’ai donc contacté une intervenante sociale oeuvrant auprès de victimes d’agressions sexuelles pour lui poser des questions.

En tant que groupe scout, malgré toutes les procédures, règles et codes de conduite que nous mettons en application, que peut-on faire de plus pour nous assurer qu’aucun pédophile ne réussisse à s’infiltrer chez nous? Y a-t-il des traits communs, des indices, des choses qui pourraient nous mettre la puce à l’oreille pour les détecter?

La réponse de l’intervenante fut très claire : non. Les pédophiles sont des êtres extrêmement manipulateurs, charmeurs et qui tentent par tous les moyens d’atteindre leur but. Ils sont subtils, prennent leur temps pour n’éveiller aucun soupçon et sont même généralement très appréciés des jeunes autour d’eux.

Ils viennent de tous horizons, sont beaux ou laids, jeunes ou vieux, pères ou célibataires. Les mesures de sécurité que nous avons mis en place sont déjà très strictes et nous pouvons difficilement faire plus, sauf rester vigilants et appliquer la politique de tolérance zéro envers tout manquement au code d’éthique.

L’intervenante m’a aussi rappelé que personne, ni les jeunes, ni les parents, ni les groupes scouts ne devait se sentir coupable de la situation. Les seuls coupables, ce sont ces hommes qui ont mal agi, et personne d’autre. Elle a bien raison.

Il ne suffit que d’une pomme pourrie…

Au cours des derniers jours, je suis passée par toute la gamme des émotions. J’ai été dégoûtée, scandalisée, effrayée, inquiète. Méfiante, en colère. Puis, déterminée à défendre le mouvement scout et à être solidaire envers tous les animateurs qui voyaient désormais leur passion transformée en déviance dans l’œil public.

Ces hommes, accusés d’actes dégoûtants, ont terni l’image du scoutisme. Ça me fâche et m’attriste à la fois.

Mais ce qui me blesse le plus, c’est de penser à mon mari et mes amis animateurs scouts qui, parce qu’ils sont des hommes, sont désormais regardés par certains avec méfiance. Des hommes qui aiment être avec des enfants? Voilà qui, tout à coup, semble bien louche…

C’est d’une tristesse infinie. Il n’aura suffi que de quelques individus déviants pour qu’on oublie que 99,9 % des animateurs scouts se dévouent, cœurs et âmes, pour le bien-être des jeunes. C’est profondément injuste.

Je les connais, moi, les animateurs. Je sais ce qui les anime, Daniel, Alexandre, Francis, Jean-Philippe, Marc-André, Sébastien, Samuel, Simon, François et tous les autres. Ce n’est pas une attirance scabreuse envers les enfants. C’est un amour pur du scoutisme, une passion pour les valeurs que voulait transmettre Baden-Powell et un plaisir honnête et sans aucune arrière-pensée d’être avec des enfants.

Non, les animateurs scouts ne sont pas de sales pervers. De sales pervers se sont infiltrés parmi les animateurs scouts. Toute la nuance est là.



mardi 2 février 2016

Avoir une maladie rare, c'est...

Petit rappel des faits : grande M. est atteinte d’hyperplasie congénitale des surrénales, communément appelée HCS. Il s’agit d’une maladie rare, qui existe en plusieurs variantes selon l’état de dysfonctionnement des glandes surrénales. En résumé, grande M. produit trop d’androgènes (hormones de croissance et de développement masculines) et trop peu de cortisol (hormone de stress). L’excès d’androgènes fait en sorte que sa puberté a commencé à l’âge de 5 ans et que son âge osseux est deux ans plus vieux que son âge réel. Le faible taux de cortisol, quant à lui, empêche son corps de réagir adéquatement au stress causé par les maladies, principalement en cas de fièvre et de gastro-entérite. Son corps, ne pouvant pas « bio-chimiquement » bien réagir en cas de virus, peut rapidement tomber en état de choc qui nécessite une hospitalisation d’urgence. Ça nous est arrivé seulement deux fois, heureusement, mais c’est paniquant en titi!

Afin de rétablir l’équilibre hormonal de grande M., elle doit prendre de la cortisone, qui vise à remplacer le cortisol qu’elle ne produit pas naturellement et qui freine (ou du moins diminue) la production excessive d’androgènes et donc ralentit sa croissance trop rapide et sa puberté hâtive. Elle prend sa médication deux fois par jour depuis ses 5 ans, et nous devons ajuster sa dose de médicaments selon le degré de fièvre qu’elle fait lorsqu’elle est malade. Si elle a des vomissements et ne peut prendre sa médication par la bouche, nous devons lui donner sa médication en intraveineuse de façon urgente et l’emmener à l’hôpital.


Avoir une maladie rare, c’est… Accepter le flou. Devoir faire confiance aux médecins, même quand eux-mêmes admettent ne pas savoir exactement quoi faire. Être confus quand plusieurs spécialistes chevronnés se contredisent. Comprendre que l’essai-erreur sera la seule façon de trouver le bon traitement, faute de protocole clair.

C’est, en tout cas, ce que je retiens de notre dernière visite à l’hôpital pour le suivi en endocrinologie de grande M. Comme à chaque fois, nous avons d’abord vu un sympathique résident qui a fait l’examen de grande M. et nous a posé mille questions sur son état de santé, son développement, etc.

Sympathique résident, à la fin de la rencontre : « Alors, tout semble beau, je vous renouvelle la prescription de cortisone et on continue comme ça. »

Moi : « Maintenant qu’elle a onze ans et que sa puberté est bien entamée, est-ce que ça change quelque chose au niveau de sa médication? Le médecin que nous avons vu la dernière fois semblait dire qu’on pourrait peut-être l’arrêter éventuellement, mais un autre nous a dit que non. »

Sympathique résident : « Techniquement, la médication est à vie. Ses glandes surrénales sont défectueuses et le seront pour toujours. Mais je peux vérifier avec mon patron. »

Moi : « D’accord. C’est juste par curiosité, parce que j’entends des avis divergents et j’aimerais bien savoir à quoi nous attendre. »

Le résident quitte et va chercher un médecin que nous connaissons bien, très sympathique et extrêmement expérimenté.

Docteur expérimenté : « Alors, mon sympathique résident m’a dit que vous vous questionniez sur la suite du traitement pour grande M. »

Moi : « Oui, les différents médecins que nous avons vus nous ont donné des informations divergentes, et sur les forums de discussion sur l’HCS, les gens ont toutes sortes de traitements différents pour la même maladie. J’étais juste curieuse de savoir vers quoi on s’en va pour grande M. »

Docteur expérimenté, visiblement passionné : « Vous savez, l’HCS est une maladie rare et peu étudiée. C’est donc vraiment du cas par cas. On ne sait pas vraiment ce qui arrivera si on cesse la médication de grande M., mais une fois sa puberté et sa croissance terminée, ce serait intéressant d’essayer de l'arrêter si elle le souhaite. Il est possible que ses glandes surrénales, une fois cette période hormonale intense terminée, soient capable de compenser pour le déficit en cortisol. Sauf, bien sûr, en cas de maladie, où il faudrait peut-être qu’elle prenne des médicaments. »

Sympathique résident, aussi étonné que moi : « Ah oui? On nous a toujours dit, à l’école, que la médication devait être poursuivie. »

Docteur expérimenté : « Oui, mais (blablabla, jargon incompréhensible de médecins, tandis que grande M. et moi nous regardons avec de grands yeux). »

Sympathique résident, se tournant vers moi : « Vous m’aviez dit que vous aviez eu des opinions médicales divergentes, c’est encore le cas aujourd’hui! »

Moi : « Oui, en effet! »

Docteur expérimenté : « En France, ils sont beaucoup plus interventionnistes qu’ici et médicamentent systématiquement. Ici, au Québec, nous avons tendance à donner le moins de médication possible pour cette maladie. Je suis d’avis que dans le cas de grande M., il pourra être intéressant de cesser la médication, juste pour voir si son corps réagira bien. Bien entendu, si éventuellement ses règles stoppent ou qu’elle a des problèmes de fertilité, il faudra reconsidérer la chose. Qu’en penses-tu, grande M.? »

Grande M., complètement confuse : « … »

Moi : « Il va falloir y penser. C’est un peu mélangeant, tout ça. »

Docteur expérimenté : « Elle a onze ans. Je vous propose qu’on en reparle quand elle aura 14 ans. À ce moment, peut-être que d’autres études auront été faites et que de nouvelles connaissances auront changé la donne. De plus, ce n’est pas avant cet âge-là que sa croissance et sa puberté seront stables. Et à 14 ans, elle aura l’âge légal de prendre la décision concernant son traitement. Qu’en dites-vous? »

Nous avons acquiescé. Donc, d’ici à ce qu’elle ait 14 ans, elle continue de prendre ses médicaments quotidiennement. Ensuite, on verra.


On verra. Combien de fois me suis-je dit ça, concernant ma grande M., mon enfant boite à surprise qui ne fait rien comme les autres?

mardi 26 janvier 2016

Un lapin contre l'insomnie? Ben oui!

Depuis maintenant plusieurs mois, peut-être même près d’un an, grand A. dort mal. S’endort mal, plutôt.

Le soir, il tourne, tourne et tourne dans son lit. Puis, vient l’angoisse, la peur de ne pas arriver à s’endormir.

Il devient alors tout moite de sueur, tremble de la tête aux pieds et a des crampes dans le ventre. L’anxiété s’empare de lui et il craint de passer une nuit blanche. Bien souvent, il se relève de son lit et vient me retrouver dans le mien, même s’il a 10 ans et qu’il est grand maintenant. Je le flatte dans le dos, l’apaise, et lorsqu’enfin il se calme et s’apprête à s’endormir, je le renvoie dans son lit. Il dort d’un sommeil de plomb pour le reste de la nuit, mais se réveille fatigué et courbaturé le lendemain matin.

Quand je lui demande ce qui l’empêche de s’endormir, il ne sait pas vraiment quoi me répondre. Il n’est pas anxieux en pensant au lendemain ou à des événements qui s’en viennent. Il n’a pas peur du noir ni de quelque chose en particulier. Il a simplement peur de ne pas s’endormir. Avec le temps, cette peur s’est transformée en « peur d’avoir peur de ne pas s’endormir ». Il a même commencé à anticiper l’heure du coucher pendant la journée.

Ce problème d’insomnie est non seulement pénible pour lui au moment où il la vit, mais elle l’empêche également de passer de bonnes journées, étant très souvent extrêmement fatigué. Ça ne pouvait plus continuer comme ça!

On a essayé différentes choses pour régler ce problème. D’abord, pas « d’écrans » en soirée et plus de temps de lecture calme au lit avant le dodo. Ça n’a pas fonctionné. Il a donc commencé à prendre des bains chauds avec des sels à la lavande. Ça lui fait beaucoup de bien, mais n’a pas empêché d’autres épisodes d’insomnie de se manifester. Une de mes amies, qui est hypnothérapeute, nous a recommandé un enregistrement d’une séance d’hypnose favorisant le sommeil. Grand A. adore l’écouter, et ça fonctionne souvent, mais pas tout le temps.

Un soir, tout en flattant mon chat dans mon lit, je pensais à tout ça. Tous ces moyens ont été efficaces certains jours, d’autres non. La peur récurrente de grand A., c’est d’être le seul dans la maison à ne pas dormir et de passer une nuit blanche, seul dans le noir de sa chambre.

Je réfléchissais, calme et concentrée, tandis que ma minette ronronnait sur mes jambes. Jusqu’à ce que j’aie un « flash » : ma minette! Sa présence rassurante me calme tellement, j’aime tant la flatter pour me détendre! Peut-être que le contact avec un animal aiderait grand A.?

Nous avons deux chattes, à la maison. Elles sont adorables, affectueuses et mignonnes comme tout, mais plutôt indépendantes. Elles ont adopté le lit de grande M. et le mien pour dormir, la nuit. Elles ne dorment pas avec grand A., probablement par habitude, mais aussi parce qu’il bouge beaucoup et parle pendant son sommeil. De toute façon, pas moyen d’obliger un chat à dormir à un endroit précis, elles dorment où elles veulent quand elles veulent!

Il fallait donc trouver une autre solution. Un lapin, peut-être? Mais oui, un lapin! Il pourrait avoir sa cage dans la chambre de grand A., ce qui lui ferait une présence pendant la nuit!

Alexandre n’a pas été difficile à convaincre lorsque je lui ai fait part de mon idée. Nous adorons les animaux et il a eu des gerboises, des hamsters et des lapins pendant son adolescence. Quant à moi, comme ma mère adore les animaux elle aussi, j’ai grandi avec des chats, des tortues, des hamsters, un lézard, des poissons, et j’en oublie peut-être. S’occuper des animaux, on connaît ça et nous étions prêts à prendre soin d’un lapin.

Grand A. a sauté de joie quand je lui ai demandé s’il voulait un lapin, peu avant Noël. Comme adopter un animal est une grande décision, nous avons décidé de réfléchir sérieusement à la question pendant le congé des fêtes et d’adopter au retour des vacances si nous décidions d’aller de l’avant. Dans ma tête, je savais déjà que je voulais un lapin, mais je voulais surtout laisser le temps à grand A. de bien réfléchir aux responsabilités, avantages et inconvénients que représente l’adoption d’un lapin.

Début janvier, nous étions prêts! Nous sommes allés au refuge, qui malheureusement regorge non seulement de chats et de chiens abandonnés, mais aussi de lapins. Dès notre arrivée, grand A. a eu un coup de cœur pour une jolie lapine rousse nommée Pêche. Une bénévole nous a donc conduits dans une salle des câlins pour faire connaissance avec Pêche. La petite lapine, âgée de 7 mois, était sociable, pas du tout craintive, et absolument adorable.

La bénévole nous a dit qu’elle avait été abandonnée au refuge parce qu’elle avait été offerte en cadeau à des enfants par leurs parents, mais qu’ils s’en étaient désintéressés et ne s’occupaient plus d’elle. Elle avait été prise pour un jouet, comme tant d’autres animaux, qui une fois perdu l’attrait de la nouveauté, se font abandonner…

La bénévole nous a fait passer une courte entrevue pour s’assurer du sérieux de notre démarche d’adoption, nous avons signé le contrat et sommes repartis avec notre belle Pêche!


Depuis, c’est l’amour fou. Sa cage est dans la chambre de grand A., mais en réalité, elle y passe très peu de temps. Elle circule librement dans sa chambre pendant la nuit et dort soit collée contre lui, ou au pied de son lit. Grand A. dort bien, avec sa petite Pêche, et n’a pas refait d’insomnie depuis son arrivée dans la famille!

Quant à moi, je suis en amour avec ma lapine. Elle est tellement adorable! Elle est propre et stérilisée, elle ne fait donc aucun dégât dans la maison (sauf gruger les fils de chargeurs de iPod… mais ça, que voulez-vous, c’est la vie! On les cache et ça règle le problème!). Comme je suis à la maison pendant la journée, je la laisse en liberté et elle sautille partout, fouine, se cache, et joue même avec mes minettes! J’ai déjà hâte à cet été pour pouvoir l’emmener jouer dehors, attachée à un petit harnais. Ce sera génial d’être dans la cour avec elle qui gambade tout autour!


Bref, un lapin, c’est un animal de compagnie formidable! Mais surtout, surtout, elle fait faire de beaux rêves à mon grand A. et ça, ça vaut tout l’or du monde!