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dimanche 12 octobre 2014

C’est si dérangeant, des enfants!



Ce matin, j’ai lu la chronique de Mylène Moisan, sur LaPresse+, dans laquelle elle parle de l’intolérance des gens face aux enfants.

Ça m’a vraiment interpellée! Je suis tellement, mais tellement frustrée de sentir que je dérange, avec tous mes enfants!

Oui, des enfants, c’est bruyant. Ça crie, ça joue, ça court. Ça rit aussi; des fois ça rit même très fort. Ça fout le bordel. Ça chante, parfois à tue-tête, et rarement sur la bonne note. Ça compte tout haut pour jouer à la cachette. Ça s’exclame quand ça fait un but ou que ça gagne à un jeu. Parfois, ça se chicane et ça pleure. Ben oui. Ça fait partie de la vie, ça aussi…

Quand nous avons eu grande M. et grand A., nous vivions en appartement. Un pas si pire appartement, dans un édifice à logement, au premier étage. 

C’était vraiment mal insonorisé. Et comme nous n’avions pas l’air conditionné, les fenêtres étaient grandes ouvertes tout l’été. Ça veut donc dire que tous les voisins (et peut-être le quartier au complet) entendaient ce qui se passait chez nous…

Grande M. était un bébé très sensible, qui pleurait beaucoup. Elle criait souvent, se réveillait à plusieurs reprises pendant la nuit. Elle était très… vocale, disons.

Mes voisins d’en bas ne se sont jamais plaints de notre bruit, ni des petits pas des enfants sur leur tête. En fait, je peux compter sur les doigts d’une seule main les fois où je les ai croisés au cours des cinq années où nous avons vécu là…

Mes voisins d’en haut, par contre, c’est une autre histoire. Un jeune homme, son conjoint et sa sœur partageaient cet appartement. Ils faisaient des partys. Écoutaient de la musique très forte. Passaient la balayeuse à 23 heures. Nous ne sommes jamais plaints, sachant que nous étions bruyants nous aussi.

Un jour, je les ai entendus parler de ma fille. Ils l’avaient surnommée « Crionne ». J’étais tellement blessée et fâchée!

Mais la goutte qui a fait déborder le vase, c’est lorsqu’une nuit, grande M. (qui était alors une toute petite M., en fait) s’est réveillée en criant. Elle avait fait pipi dans son lit, ce qui l’avait probablement tirée d’une période de sommeil profond. Elle était en crise, toute mouillée, dans un état semi-éveillé duquel on n’arrivait pas à la tirer. 

En plus de devoir la changer de pyjama, il fallait aussi changer les draps de son lit. C’était long et elle a pleuré, chigné et crié longtemps.

Alors que nous essayions tant bien que mal de gérer la situation, en plein milieu de la nuit, on entend cogner à la porte. C’étaient nos deux voisins du haut. L’un des deux était accoté contre le cadre de porte, les bras croisés, le regard menaçant. L’autre, planté devant la porte, les bras croisés aussi, nous dit, d’un ton assez bête merci : « On ne l’a jamais entendue pleurer comme ça. Qu’est-ce qui se passe? »

On a expliqué vite fait et refermé la porte, insultés et frustrés. Que s’imaginaient-ils? Pensaient-ils qu’on était en train de la maltraiter? Étaient-ils simplement fâchés de s’être fait réveiller en pleine nuit?

Dès le lendemain, on a commencé à chercher un nouvel appartement. On en avait assez d’habiter là et de sentir que nous et nos enfants dérangeaient. 

On a rapidement trouvé un grand appartement, vaste et lumineux, au troisième étage d’un triplex. J’ai beaucoup aimé cet endroit! 

Malheureusement, malgré toutes ses qualités, il avait aussi des défauts… Entre autres un loyer presque aussi élevé qu’une hypothèque. Mais surtout, il n’y avait pas de cour à proprement dit pour que les enfants puissent jouer. Il n’y avait qu’un tout petit carré de gazon où nous ne pouvions pas laisser de module de jeux ni de jouets ou de carré de sable. Les enfants devaient principalement jouer dans le stationnement, ce qui n’est pas l’idéal. Et le parc le plus proche était quand même assez loin.

Nous avons vécu dans cet appartement environ deux ans, jusqu’à ce qu’enfin, nous puissions acheter notre maison. Une maison! Notre rêve qui devenait réalité.

Enfin! Un endroit juste à nous, où nous n’aurions ni voisin en haut, ni en bas! Avec une belle grande cour, du gazon, des arbres matures, de l’espace pour jouer dehors en toute sécurité! Enfin, nous n’allions plus déranger personne, nous aurions notre espace vital à nous!

Sauf que… 

Notre voisine d’en arrière n’aime pas les enfants. Du moins, elle n’aime pas le bruit que font les enfants lorsqu’ils jouent dehors. 

Un après-midi, alors que nous étions dans la cour et que les enfants faisaient des bruits d’enfants qui jouent, elle s’est mise à hurler à travers la haie : « Vous êtes insupportables! Mais ARRÊTEZ de crier! J’en ai assez! Je vais appeler la police!!! »

Wôô, madame! Je ne me laisserai pas insulter dans ma cour, à travers ma haie, pas question!

En furie, j’ai écarté les branches de la haie. J’ai vu la madame qui, lorsqu’elle m’a vue à son tour, a écarquillé bien grand les yeux de stupéfaction. En fait, elle avait le même regard que mes enfants lorsque je les surprends quand ils font une bêtise… Ha! C’est plus facile d’insulter quelqu’un à travers une haie qu’en plein visage, hein?

Moi : « Madame, mes enfants jouent. Je ne vous laisserai pas nous crier des bêtises comme ça à travers la haie. »

Voisine : « Vos enfants crient TOUT LE TEMPS! Depuis que vous restez là, c’est l’enfer, c’est insupportable!!!! »

Moi : « Mes enfants font des bruits d’enfants qui jouent. Je veux bien leur demander de baisser un peu le volume, mais de votre côté, vous viendrez me parler en pleine face si vous avez un problème. Crier comme ça à travers la haie, ça ne se fait pas »

Je suis allée parler à mes deux voisins immédiats (c’est-à-dire de chaque côté de ma maison), qui m’ont assurée que nous n’étions pas trop bruyants et que c’est normal que des enfants jouent dehors. Ça m’a rassurée et convaincue que j’étais simplement tombée sur une voisine vraiment intolérante en arrière…

C’était il y a deux ans. Malheureusement, malgré tous mes espoirs, cette voisine n’a pas déménagé. Par contre, je crois que mon intervention entre les branches de la haie a fait son effet, car elle n’a plus rien osé dire… jusqu’à cet été.

Petit L. et grande M. jouaient dehors à se tirailler et à se chatouiller, tandis que je berçais petite É. à l’intérieur. Je les entendais rire aux éclats dans la cour et s’amuser.

Tout à coup, grande M. entre, petit L. dans les bras, et se met à pleurer. 

Grande M. : « Maman, la madame a vraiment crié fort après nous! Elle a dit qu’elle allait appeler la police parce qu’on fait trop de bruit! »

Moi (mentalement) : « Ah ben, la tabar**k! Elle gueule après mes enfants? Elle les fait pleurer? Ça ne restera pas comme ça! »

Je texte subito presto à Alexandre pour lui faire part de la situation. Sa réponse : « J’arrive » Oh boy, la voisine allait passer un mauvais quart d’heure…

Alexandre est revenu à la maison après être allé voir la voisine. Il était en beau fusil. Elle était restée intraitable. Semble-t-il que tous les voisins de son côté de rue étaient exaspérés par le bruit de nos enfants et qu’elle voulait leur faire signer une pétition contre nous! Et elle menaçait encore et toujours d’appeler la police pour porter plainte.

Ça se joue à deux, ce petit jeu…

Alors, j’ai appelé la police moi-même.

Moi : « Bonjour monsieur l’agent. Ma voisine se plaint du bruit de mes enfants qui jouent dans la cour. Elle veut porter plainte contre nous. Y a-t-il un règlement municipal qui interdit à mes enfants de jouer dans la cour? »

Policier : « Jouent-ils tard le soir? »

Moi : « Non, en plein jour »

Policier : « Jouent-ils sur votre terrain, sans empiéter sur le sien? »

Moi : « Sur mon terrain seulement »

Policier : « Écoutent-ils de la musique forte? »

Moi : « Pas du tout! »

Policier : « Alors vous me dites que vos enfants jouent sur votre terrain privé, pendant le jour. Aucun problème, madame. Vous savez, les bruits d’enfants qui jouent, ça fait partie des bruits normaux d’une vie en communauté. On est en banlieue, les maisons sont quand même proches. Si elle ne veut pas entendre de bruits de voisins, elle peut toujours déménager en campagne… »

Moi : « Ah, merci, ça me rassure! Elle nous crie des bêtises à travers la haie au point de faire pleurer mes enfants. Mais je vois que nous n’avons rien à nous reprocher! »

Policier : « Sa plainte contre vous ne serait pas considérée. Par contre, se faire insulter par ses voisins, c’est un motif de plainte pour harcèlement, ça. Si ça se reproduit trop souvent, n’hésitez pas à rappeler »

Ha! Je la retiens, celle-là!

Nous qui avions si hâte d’avoir une maison et une cour pour permettre aux enfants de jouer librement, de profiter de l’extérieur, enfin! Nous avons vraiment été malchanceux de tomber sur cette voisine intolérante.

Alexandre parlait justement de cette situation avec notre voisin d’à côté, l’autre jour. Un monsieur super fin, qui vient d’une famille de 17 enfants, qui en a eu quatre et qui est au moins dix fois grand-papa. Ce qu’il a dit à Alexandre en guise de conclusion est tout à fait savoureux.

Mon super voisin : « As-tu pensé à l’envoyer chier? »

Haha! Oui, on y a pensé. Beaucoup. Je me suis gardée une petite gêne jusqu’à présent. Mais gare à elle si elle fait à nouveau pleurer mes enfants!

16 commentaires:

  1. La fin de ton article m'a beaucoup fait rire !!!
    Tu as bien fait de téléphoner à la police, ce doit être rassurant de savoir tout ça.

    Ici, notre voisin, c'est l'école :)
    Il y a du bruit, c'est très vivant la journée, calme le soir et la nuit.
    Nos autres voisins aiment bien nos enfants, ils n'en ont pas eux même et je crois qu'ils apprécient de les entendre jouer.

    L'article que tu cites fait peur je trouve, pauvres enfants !!! Et j'ai envie d'ajouter : pauvres adultes, c'est triste de détester les enfants (avis personnel bien sûr, ça n'engage que moi)

    Bon courage avec ta voisine !!!

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    1. Moi aussi, je trouve profondément triste les gens qui n'aiment pas les bruits d'enfants. Dans un quartier, il y a toutes sortes de bruits : la tondeuse d'un voisin, les rénovations d'un autre, la fête d'amis chez l'un, le moteur de la moto d'un autre... Les bruits d'enfants sont, à mes oreilles, beaucoup plus agréables que tous ces autres bruits normaux d'un quartier de banlieue! Pour cette voisine, par contre, il semble que le bruit d'une scie ou d'une tondeuse à gazon soit moins dérangeant que les rires des enfants... C'est bien triste!

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  2. Je suis d'accord avec tout ce que tu écris mais je sens le besoin de défendre les deux jeunes hommes qui habitaient en haut de chez vous. Des enfants maltraités, vois-tu, ça existe et quand l'enfant maltraité ne va ni à la garderie, ni à l'école, les seules personnes qui peuvent faire cesser son enfer, ce sont les voisins. Un enfant battu, affamé, incestué, va probablement pleurer. Des pleurs d'enfants nombreux, fréquents et sans fin doivent être questionnés. Il y a deux solutions, aller voir les parents pour demander ce qui se passe et c'est ce que les voisins ont fait ou bien appeler la dpj pour faire un signalement. En cas de doute, il vaut mieux se tromper dans son signalement que de laisser un enfant souffrir aux mains de ses tortionnaires, ne crois-tu pas?

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    1. Oui, bien sûr qu'il faut s'inquiéter de pleurs ou de cris d'enfant constants. Par contre, il y a moyen d'aller vérifier et demander aux parents sans être intimidant. Même les plus grands criminels sont présumés innocents jusqu'à preuve du contraire. Dans notre cas, il est évident qu'aux yeux de nos voisins, nous étions déjà coupables avant même qu'ils sachent ce qui se passait, et c'est ça qui est insultant! S'ils étaient venus nous voir avec un air inquiet, préoccupé, s'ils nous avaient simplement dit : "Nous avons entendu pleurer, ça nous inquiète. Est-ce que tout va bien?", ça aurait fait toute la différence. Offrir de l'aide même, plutôt que de nous parler bêtement et nous regarder d'un air méchant, pourquoi pas?

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  3. C'est certain qu'il y a une grande différence entre accuser et s'informer, tu as bien raison!

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  4. Il me semble qu'une personne vivant en banlieue devrait savoir qu'il y a toujours des enfants.
    Mais c'est toujours très désagréable d'avoir des voisins intolérants que ce soit au sujet d'enfant ou autre.

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    1. Je crois que le problème, c'est que j'habite dans un vieux quartier qui commence tout juste à se renouveler. Par exemple, notre maison appartenait à des personnes âgées qui y vivaient depuis 1963 et qui la quittaient pour des raisons de santé. Pour ma voisine d'en arrière, le choc a dû être brutal : passer de voisins âgés et silencieux à une jeune famille qui a plein d'enfants, c'est tout un changement!
      Ceci dit, ça n'excuse pas son comportement. De plus, toutes les maisons qui se vendent dans mon quartier sont achetées par des jeunes familles. Elle sera bientôt entourée de bruits d'enfants, héhéhé!

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  5. J'ai 4 enfants moi aussi... qui ont généré leur quota de décibels en jouant dehors ...
    L'an dernier une (plus) jeune famille a emménagé dans la maison à côté. Ils ont une petite fille plus jeune que les miens. Et ma fille m'a dit "oh boy elle est bruyante cette enfant-là"! J'ai éclaté de rire!

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    1. Haha! Ta fille avait oublié qu'elle avait généré des décibels, elle aussi? En fait, je pense que les enfants ne se rendent pas compte qu'ils sont bruyants, surtout quand ils sont dehors. Ils sont beaucoup trop occupés à faire quelque chose de primordial et de vital pour eux : jouer! Et c'est très bien comme ça :-)

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  6. J'aime beaucoup ton voisin d'à côté! :P
    Mais l'autre dame-là... ouf! Je ne sais pas quoi dire de plus. C'est incroyable de voir à quel point les gens peuvent être intolérants. Ce sont des enfants, c'est normal que ça crie. Elle pense quoi, que tu vas leur mettre une muselière comme aux chiens???

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    1. Je crois bien que ma voisine souhaiterait en effet que je leur mette une muselière... C'est plutôt à elle que j'aimerais en mettre une, quand elle se met à gueuler après mes enfants!
      Quant à mon autre gentil voisin, je l'adore moi aussi!

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  7. Bonjour,

    Nous avons nous un voisin qui crie (hurle) sur ses enfants qui jouent pourtant normalement comme des enfants... C'est atroce, c'est carrement de la maltraitance... Malgré nos lettres, nos appels à la police, rien n'y fait. Ah si, il nous insulte (devant nos enfants et derrière la haie, forcement) et il se trouve que nos enfants qui prennent le petit déjeuner à 7 heures dehors en été le dérangent.

    La vie en banlieue est je trouve très difficile à cause de la promixité (j'habite près de Paris).

    Nous ne restons jamais dans notre jardin et partons très souvent nous promener en campagne... J'espère que ce voisin se fera soigner (il souffre d'alcolisme) pour son bien et surtout celui de ses enfants (et de sa femme au passage). Peut-être aurons-nous la chance de pouvoir déménager ?!!

    Le problème, c'est que nous avons aussi d'autres voisins, mais pour le coup formidables (ce sont nos parents de substitution !!), alors ce serait dommage de partir !

    Alors, comme je te comprends !

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    1. Que c'est compliqué, le voisinage! Ta situation est bien pire que la mienne et je suis pleine d'empathie pour ce que tu vis. Et les pauvres enfants de tes voisins qui doivent subir leur père... Je vous souhaite que la situation s'arrange pour que vous puissiez profiter de votre jardin en paix. Bonne chance!

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