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mardi 22 juillet 2014

Je m’ennuie de mon vélo



Je m’ennuie de faire du vélo. Je rêve d’aller faire une belle et longue balade en famille. D’aller aux Iles-de-Boucherville, de rouler avec ma marmaille sur les sentiers.

Faire du vélo me manque. J’aimerais tellement aller à la bibliothèque à vélo avec les enfants, plutôt que de toujours devoir prendre l’auto! Ou aller au centre d’achat, faire des courses, voir des amis, aller au parc. Ce serait tellement pratique…

J’ai un vélo. Tous les membres de ma famille ont un vélo, sauf les deux plus petits. Pour eux, j’ai une remorque dans laquelle ils peuvent s’installer bien confortablement.

J’ai des casques pour chacun d’entre nous, des gants pour protéger nos mains, des sacoches pour transporter nos choses, des gourdes, bref, tout l’équipement qu’il faut.

Je suis en forme. Tous les membres de ma famille sont en bonne santé et ont de bonnes jambes. Pas de handicap physique, pas de membres dans le plâtre.

Je sais, vous vous posez sans doute la question suivante : mais pourquoi diantre ne fais-tu donc pas de vélo avec ta famille, alors? 

Parce que grande M. est dyspraxique. Elle est incapable, à 11 ans, de faire du vélo.

Quand on y pense, faire du vélo requiert énormément d’habiletés. 

Il faut savoir pédaler, tout en conduisant le guidon. 

Il faut savoir freiner, c’est-à-dire appliquer une pression relativement forte sur les poignées situées sur le guidon. 

Il faut savoir quand et comment changer les vitesses.

Il faut aussi avoir une bonne endurance physique, car c’est un exercice physique plutôt exigeant, surtout s’il vente ou s’il y a des pentes. 

Il faut avoir un bon sens de l’équilibre pour se tenir sur deux roues. 

Il faut être capable de bien se situer dans l’espace pour diriger son vélo et le conduire de façon sécuritaire.

Il faut un sens de la coordination assez développé pour gérer toutes ces choses en même temps.

Toutes ces habiletés sont extrêmement difficiles pour grande M. 

À force de tomber ou d’essayer de trouver son équilibre sur son vélo sans y parvenir, elle a développé une grande peur et une aversion pour ce mode de transport. 

Elle ne se sent pas en sécurité, se sent constamment en déséquilibre et n’arrive tout simplement pas à pédaler correctement. Et ce, même lorsqu’elle avait un vélo avec des petites roues de support.

Il y a deux ans, dans l’espoir de l’aider à apprendre à pédaler sans petites roues, je l’avais inscrite à un cours de vélo avec une ergothérapeute.

Sur le coup, ce fut un franc succès! Après deux rencontres, elle était capable de pédaler presque seule, c’est-à-dire avec l’ergo qui courait à côté d’elle en lui tenant le chandail dans le dos. Elle lâchait légèrement le chandail de temps en temps, mais restait toujours proche.

J’étais super contente! Je l’ai même filmée tellement j’étais fière!

Sauf que… en dehors de ces cours, grande M. n’a jamais été capable de répéter cet exploit. Comme si elle avait été seulement capable à ce moment-là, avec cette personne et à cet endroit précis. Comme si elle n’avait pas pu généraliser cet apprentissage.

Suite à cette belle réussite, nous avons pourtant tenté de l’encourager à faire du vélo à nouveau. Rien à faire. Elle n’arrivait plus à pédaler, ne trouvait plus son équilibre, tombait, se décourageait.

L’ergo nous avait donné des exercices à faire pour se réapproprier le vélo, mais ça n’a pas fonctionné.

Aujourd’hui, grande M. a 11 ans, est presque aussi grande et aussi lourde que moi. Il est absolument impossible de mettre des petites roues à son vélo et de toute façon, quelle honte ce serait devant ses amis!
Alors, on ne fait pas de vélo en famille. Et ça me manque.

J’ai essayé de trouver des solutions. Je lui ai demandé si elle voulait essayer un genre de tricycle pour adultes. Elle m’a regardée avec un air scandalisé et outré. Bon, c’est sûr que ce sont surtout des personnes âgées qui utilisent ce type de vélo et que ça ne fait pas très cool… 

J’ai ensuite pensé qu’on pourrait essayer avec un tandem. Ça pourrait être pas mal, elle ne pourrait pas tomber et n’aurait pas à conduire le vélo! Par contre, ça coûte extrêmement cher et il y en a très peu qui se vendent usagé. Je continue mes recherches.

C’est sûr que l’idéal serait qu’elle apprenne/réapprenne à faire du vélo toute seule. Je ne sais plus trop quoi faire pour l’aider à y parvenir. Nous n’avons pas les moyens de lui faire suivre à nouveau un cours avec une ergothérapeute.

Certaines personnes m’ont conseillé de lui faire un vélo d’équilibre, c’est-à-dire d’enlever le pédalier de sa bicyclette. Elle devrait donc se propulser sur le sol avec ses pieds. Semble-t-il que ça aide grandement à développer son sens de l’équilibre et à augmenter la confiance des enfants sur un vélo. Je pense que ça vaudrait la peine d’essayer.

Faire du vélo est plus qu’un loisir. C’est aussi et surtout un mode de transport, particulièrement pratique pour les jeunes. Pour ma part, j’ai passé mon adolescence à me promener partout, de chez une amie à une autre, sur mon vélo.

J’espère vraiment que grande M. pourra un jour utiliser son vélo et découvrir le plaisir de pouvoir se déplacer ainsi et de gagner en indépendance…

Avez-vous un enfant dyspraxique ou qui a eu des difficultés à apprendre à faire du vélo? Avez-vous des conseils ou des trucs à me donner? Je suis tout ouïe !

8 commentaires:

  1. Je n'ai absolument aucun conseil puisque j'ai une grande de 14 ans qui ne fait pas de vélo. Moi aussi j'avais pensé au tandem, mais moi aussi je me suis rendu compte que ce n'est pas évident de s'en procurer un tout en ne sachant pas si ça marcherait. Un tricycle pour adulte? Les grands frères avaient déjà fait leur oeuvre en disant que c'était pour les vieux! Donc aucun conseil, seulement de la compréhension.

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    1. Merci de ton empathie, Danielle. C'est rassurant de savoir que je ne suis pas la seule à être confrontée à cette situation. Tiens-moi au courant si tu reçois des conseils intéressants ou si ta fille parvient à faire du vélo éventuellement :-)

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  2. Je compatis avec grande M., parce que depuis que j'ai fait mon encéphalite, mon équilibre est resté un peu chambralant (même si ça s'est beaucoup amélioré dernièrement) et je n'ai pas osé remonter sur mon vélo depuis. Même si le physio de la clinique de greffe m'a assuré que je ne devrais pas avoir de misère à en faire. On dirait que je n'ose juste pas...

    Je sais que je suis pas mal en avance avec ma question et surtout, je ne veux pas te décourager. Mais, est-ce que tu penses que sa dyspraxie l'empêchera de conduire une voiture plus tard? Ça demande de gérer beaucoup de choses en même temps, ça aussi. C'est sûr qu'il n'y a pas le problème de l'équilibre par exemple...

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    1. Je me suis souvent posé la question pour la conduite automobile. Comme elle ne semble pas percevoir les distances correctement, je me demande vraiment si elle sera capable de conduire. Ça demande également beaucoup d'habiletés motrices et spatiales, en plus de nécessiter de très bons réflexes...

      Étrangement, sans même que nous en ayons discuté, grande M. dit spontanément qu'elle ne veut pas de voiture plus tard. Elle s'imagine tout faire à pied ou en autobus. Peut-être qu'instinctivement, elle sait que ce sera tout un défi d'apprendre à conduire?

      Donc, comme pour tout le reste des ses apprentissages et de son développement, on verra! Une chose à la fois. Elle finit toujours par me surprendre et je ne veux pas me faire d'idées toutes faites à l'avance.

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  3. Un tricycle pour adulte est un beau joujou qui permet en plus de transporter bien des choses. C'est pratique et confortable. Elle pourra suivre la famille en vélo et ça c'est cool!

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    1. C'est vrai, c'est très pratique! Ça reste une des options à considérer. Peut-être pas la plus cool aux yeux d'une préado, mais bon, on verra bien si elle accepte d'essayer...

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  4. Salut ! Je ne suis pas dans cette situation mais je me demandais si ta fille ne pourrait pas apprendre la trotinette, le patin à roues alignées, le skate bord ou un truc du genre. Le vélo serait remplacé par un autre moyen de transport et les balades en famille pourrait se faire :) Je dis ça comme ça ;)

    je ne sais pas comment mettre mon nom ;) Marie-Chantale

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    1. Merci de ta visite et de ton commentaire, Marie-Chantale!

      Ma grande fait déjà de la trottinette, mais c'est presque impossible d'aller aussi vite en trottinette qu'en vélo. Le patin à roues alignées pourrait peut-être être une option à considérer, il faudrait que je vois avec elle. Par contre, pour le skate-board, on oublie ça : ça demande beaucoup trop d'équilibre et les fois où elle a essayé celui de son frère, ça n'a pas été un grand succès! Moi-même, je ne suis pas dyspraxique et je suis nulle en skate-board...

      Pour l'instant, nous envisageons lui créer un vélo d'équilibre en retirant le pédalier de sa bicyclette. On verra bien ce que ça donnera! À suivre...

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