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dimanche 14 septembre 2014

Du bon manger, c’est bon d’en manger



Je suis en train de lire l’excellent livre « Manger, un jeu d’enfant », qui m’a été conseillé par mon amie-ex-collègue-marraine d’allaitement et nutritionniste Isabelle, suite à mon billet sur le poids de ma grande M. 

Merci pour la suggestion, Isabelle! Tous les parents (et grands-parents, et éducatrices… ben tout le monde, finalement!) devraient lire ça.

Voici un très très gros résumé de ce que j’ai lu jusqu’à présent : les enfants savent, de façon instinctive et innée, et ce dès la naissance, reconnaître leurs signes de satiété. Ils savent donc réguler naturellement leur appétit et leur apport en aliments. 

Nous, les adultes, en voulant bien faire, les déconnectons de ces signes de satiété en tentant de contrôler non seulement ce qu’ils mangent, mais quand ils mangent et la quantité de nourriture qu’ils doivent manger. 

Selon les auteures, les enfants (et adultes) sont de plus en plus gros tout simplement parce qu’ils mangent trop, n’étant plus capables de reconnaître les signes que leur corps leur envoie pour leur dire qu’il n’a plus faim.

Vous avez tous entendu ou dit vous-même des phrases du genre : « Finis ton assiette! », « Tu n’auras pas de dessert si tu ne manges pas tes légumes! », « Prends X bouchées de X aliments et tu pourras sortir de table », etc.

Erreur!

Chaque fois que vous faites ça, vous ne respectez pas l’appétit de votre enfant et lui apprenez à ne pas écouter les signes de satiété que son cerveau lui envoie.

De plus, j’ai appris que le cerveau a un appétit différent pour les différents goûts et saveurs! Donc, il est fort possible que le cerveau de votre enfant lui envoie le signal : « Je n’ai plus besoin de viande (ou de salé, ou d’amer) », mais lui dise comme signal « J’ai besoin de sucré ». Si votre enfant n’a plus faim pour le repas, mais a encore de la place pour le dessert, c’est vrai! Ce n’est pas de la gourmandise, ce n’est pas un caprice, ça se peut, tout simplement.

Alors, où me situais-je par rapport à cette façon de faire, c’est-à-dire de laisser les enfants gérer leur appétit sans tenter de les contrôler?

Eh bien, je dois dire que je suis assez contente, car c’est exactement ce que je faisais déjà. 

J’ai eu un bon modèle, étant enfant. Ma mère ne nous a jamais forcées à manger tout ce qu’il y avait dans notre assiette et nous laissait libres de manger toutes sortes de choses sans trop contrôler. 

Par contre, c’était une tout autre histoire au service de garde de l’école, sur l’heure du dîner… L’éducatrice nous forçait à manger tout notre repas, nous répétant ad nauseam « que des petits enfants en Afrique n’ont rien à manger, eux! »

Ce message répété à tous les dîners était vraiment pénible, pour plusieurs raisons. Premièrement, c’était extrêmement culpabilisant. Comme je me sentais mal de ne pas toujours apprécier mon repas, quand je pensais à ces petits enfants qui eux avaient faim! Je me sentais si ingrate… 

En même temps, j’étais confuse : qu’est-ce que ça changeait, pour les enfants en Afrique, que je mange mon sandwich au complet ou non? À ce que je sache, personne n’enverrait mon restant de lunch en Afrique, non? Je ne comprenais pas le lien entre mon appétit, mon repas et la famine dans le monde. Et avec raison, car il n’y a aucun lien…

Ensuite, j’étais une enfant hypersensible. Manger dans un environnement bruyant, entourée de plein de monde, dans un temps restreint, me rendait très très anxieuse. J’avais donc rarement faim, sur l’heure du dîner. Alors, d’être surveillée de la sorte par l’éducatrice pour que je finisse tout mon repas était une torture supplémentaire. Je ne sais plus combien de fois je me suis forcée à manger, avec une boule dans l’estomac et en devant réprimer des hauts le cœur. 

Mon cerveau a même fini par associer « manger dans un lieu public ou bruyant » à « mal de cœur et mal de ventre ». Pendant longtemps, manger en public, dans un party ou au restaurant est resté très désagréable pour moi. 

Quand j’ai eu mes enfants, il était hors de question de leur faire subir ça! Je les ai toujours encouragés à manger à leur faim, ni plus, ni moins. La lecture de « Manger, un jeu d’enfant » m’a donc rassurée sur ma façon de faire. Je n’étais pas dans les patates!

Revenons maintenant à la raison pour laquelle j’ai amorcé cette lecture et cette réflexion sur l’alimentation de mes enfants : la prise de poids de grande M. Y a-t-il du nouveau dans ce dossier?

Eh bien, je pense que oui. Depuis que nous avons cessé les injections de Dépôt Lupron, Alexandre et moi avons remarqué que son appétit avait diminué. Elle m’a dit elle-même qu’elle se sentait moins affamée et, par conséquent, beaucoup plus confortable. Pendant son traitement, elle avait toujours faim et ne se sentait jamais rassasiée, ce qui devait être vraiment désagréable.

On verra bien si cette baisse d’appétit a un effet sur son poids, mais je ne lui en parlerai pas. Ma balance est bien cachée dans ma chambre et je ne lui demanderai pas de se peser. Nous revoyons le pédiatre en début décembre et c’est lui qui la pèsera et la mesurera. D’ici là, je continuerai de laisser son corps reprendre son rythme naturel, tout simplement.

L’autre changement s’est fait tout seul, et j’en suis ravie : grande M. a commencé à cuisiner les repas avec moi. 

Dernièrement, je me suis acheté de nouveaux livres de recettes, question de me donner de nouvelles idées de menus. Comme je les consulte souvent, je les ai laissés trainer dans le salon et dans la cuisine. 

Grande M. a commencé à les feuilleter par curiosité, puis elle s’est mise à me poser des questions et à passer des commentaires sur les recettes : « Hmmm, ça a l’air bon, ça! C’est compliqué à faire? Est-ce qu’on pourrait préparer ça, cette semaine? Quels ingrédients ça prend? »

Nous avons donc commencé à planifier le menu des soupers de la semaine ensemble et avons décidé d’essayer de nouvelles recettes. 

Elle vient m’aider à la préparation du souper, d’elle-même, sans que je lui demande. Elle est fière et contente de participer!

Après le souper, nous faisons la vaisselle ensemble en chantant et écoutant de la musique.

Je trippe!!! Je suis contente que cet intérêt pour la cuisine vienne d’elle et encore plus de passer tous ces beaux moments avec ma grande!

L’alimentation, c’est bien plus que de la nourriture. C’est mille fois plus que des calories, des portions, des groupes alimentaires et un poids sur une balance.

La bouffe, c’est aussi une relation. La relation que nous entretenons avec la nourriture, bien sûr, mais aussi la relation que nous avons avec notre propre corps. 

C’est également une occasion d’établir un lien fort et agréable avec les gens avec qui on mange.

Manger, quand on a un rapport sain avec notre corps et avec la nourriture, c’est un grand privilège et un grand bonheur à partager avec ceux qu’on aime!


3 commentaires:

  1. Et en cusisine, si on aime ça, il y a et aura toujours du travail!

    En plus, ta fille pourrait devenir en charge de certains repas dans la semaine, ce qui l'autonomiserait et te libérerait du temps à toi. Que du bon dans cet intérêt!

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    1. Oui, que du bon! J'aime la voir s'intéresser à la cuisine et prendre plaisir à préparer les repas avec moi :-)

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