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samedi 21 juin 2014

Le portfolio de mes enfants ne vaut rien



… du moins, aux yeux du directeur de l’école du quartier, qui est chargé d’évaluer si nous offrons à nos enfants une expérience éducative équivalente à celle qu’ils recevraient à l’école (Loi sur l’instruction publique, article 15.4).

Pourtant, la présentation du portfolio est considérée comme étant un moyen par excellence pour démontrer que les enfants scolarisés à la maison ont bel et bien reçu un enseignement de qualité et ont vécu une expérience éducative au moins équivalente à celle qu’ils recevraient en milieu scolaire. À mon avis, cette expérience éducative peut même être supérieure, mais ça, il ne faut pas le dire trop fort… ça pourrait choquer certains intervenants du système scolaire!

Bref, autant les associations représentant les parents qui font l’école à la maison, comme l’AQED, que de très nombreuses commissions scolaires s’entendent pour dire que l’évaluation faite par portfolio est complète et représentative du vécu éducatif de l’enfant. Notre commission scolaire aussi. Mais pas le directeur. Il semble avoir décidé, sans jamais les avoir vus, que les portfolios faits par mes enfants n’ont aucune valeur. 

Pour lui, seuls les examens sont valables et nous refusons catégoriquement que nos enfants passent (subissent?) les examens. Il a donc fait un signalement à la DPJ. Je n’arrive toujours pas à croire qu’il ait fait ça! Heureusement, le représentant du soutien légal de l’AQED a téléphoné à la DPJ aussitôt qu’il a su que le directeur les avait contactés. L’intervenante à qui il a parlé connaissait sur le bout des doigts les lois régissant l’école à la maison et lui a dit que le dossier avait été instantanément fermé. Nous sommes parfaitement dans nos droits, la sécurité et le développement de nos enfants ne sont en aucun cas compromis et le motif de signalement n’était pas valable.

Je suis vraiment outrée et insultée qu’il nous ait signalés à la DPJ. Nous ne méritons pas ça! Nous collaborons depuis le début de notre expérience d’école maison; nous sommes allés le rencontrer à plusieurs reprises, à sa demande, pour parler de notre projet éducatif; je lui ai présenté un plan de scolarisation étoffé et basé sur le Programme de formation de l’école québécoise; nous avons toujours été ouverts à lui faire rencontrer nos enfants; nous consultons une orthophoniste à nos frais, au privé, pour aider grande M.; j’ai même reçu du coaching de la part d’une orthopédagogue, toujours au privé, bien sûr, pour être bien outillée face à ses difficultés. Bon sang, que pouvons-nous faire de plus pour lui prouver que nous éduquons nos enfants adéquatement? Et surtout, comment lui démontrer quoi que ce soit s’il ne veut même pas rencontrer mes enfants et voir leur portfolio?  

Ouf, je m’emporte tant je suis en colère! De cette histoire on ne peut plus frustrante sortent tout de même plusieurs points positifs : 

1.       Nous n’aurons pas de présentation de portfolio à faire cette année. Youppi! Même si nous étions prêts et que mes enfants auraient été bien fiers de montrer tout ce qu’ils ont fait et appris cette année, cette rencontre était plutôt stressante pour nous en raison du climat conflictuel entre nous et le directeur. 

2.       Nous avons appris que le directeur actuel quitte son poste et qu’un nouveau directeur prendra la relève en septembre. Ouf! C’est un immense soulagement pour nous. Nous ne pouvons qu’espérer, souhaiter, rêver très fort que le prochain directeur connaîtra l’école à la maison et fera preuve d’une plus grande ouverture d’esprit. J’ai bien l’intention de faire tout en mon possible pour que cette relation démarre de façon positive et soit basée sur la confiance.

3.       La DPJ connaît bien les lois sur l’instruction à domicile et l’intervenante contactée a fait preuve de compréhension et d’ouverture. C’est quand même rassurant!

4.       Comme nous avons la confirmation que nous n’avons pas à présenter de portfolio, notre année scolaire est vraiment, totalement et officiellement terminée. Hourra!

Quand on me demande quel est le plus grand défi de faire l’école à la maison, je réponds que c’est de faire affaire avec la commission scolaire et/ou la direction de l’école du quartier. Le Québec est réputé pour être une des provinces les plus fermées par rapport à la scolarisation à domicile et c’est très difficile de se battre, constamment, pour faire valoir nos droits en tant que parents-éducateurs. La pression est lourde sur nos épaules! 

Je trouve vraiment triste qu’ici, dans notre province, il soit automatiquement considéré comme louche, suspect et même potentiellement criminel que des parents choisissent de s’occuper de l’éducation de leurs enfants. Je suis tout à fait d’accord avec l’idée que le système exerce une certaine surveillance, afin d’éviter que des enfants ne soient complètement coupés du monde, négligés ou endoctrinés, mais je trouve que certaines commissions scolaires et certains intervenants font franchement de l’excès de zèle au détriment de familles qui ne méritent pas de se faire traiter comme des criminelles.

Enfin, notre saga est terminée et je peux respirer. Nous allons profiter de l’été pour nous détendre et prendre une pause bien méritée après cette année scolaire assez stressante pour moi. Septembre marquera un nouveau départ qui sera, souhaitons-le, plus positif et basé sur la bonne entente!

8 commentaires:

  1. Quelle histoire mais au moins elle termine bien pour vous !! ;-) Je vous souhaite donc de très belles vacances !! cdlt

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    1. Merci! Je suis contente en effet que ça soit fini! Maintenant, on profite à fond des vacances d'été!

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  2. Bravo Julie! Ça prend des gens extraordinaire pour oser suivre un parcours différent. Je suis convaincue que tu fais avancer notre société et le système d'éducation :-) Osons, chacun à notre façon, faire LA différence pour les enfants.
    Je te lève mon chapeau!
    De: Nathalie M. :-) xx

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    1. Merci, Nathalie!! Ça prend aussi beaucoup de support et d'encouragements pour avoir le courage de le faire. Et quand on a une super orthophoniste qui nous soutien, c'est encore plus sécurisant de foncer ;-)

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  3. Non mais, il est complètement débile ce directeur??? Faire un signalement à la DPJ juste parce que ça ne fait pas son affaire l'école à la maison, il faut pas être bien dans sa tête. Je suis peut-être méchante et radicale avec mon commentaire, mais on s'entend que tes enfants sont loin d'être maltraités. Dans le cas des enfants Shafia, tout le monde avait peur de se mêler du dossier et de faire un signalement, mais ici on se rue sur le téléphone. Ridicule... En tout cas, lâche pas le morceau!

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    1. Merci de tes encouragements, Viv! En effet, je pense que l'école à la maison le confrontait énormément dans ses valeurs personnelles. Heureusement, le signalement n'a eu aucune conséquence sur nous, mais c'est franchement insultant quand même! Enfin, c'est terminé et j'espère que ça se passera mieux avec le prochain directeur... À suivre!

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  4. eh bien, je croyais que vous étiez plus chanceux que nous (en France) au Québec.... ça dépend des provinces c'est ça? quelle galère de devoir montrer que vous donnez l'équivalent de l'école :(

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    1. En fait, ça dépend des provinces, mais ça dépend aussi des commissions scolaires! Dans certaines commissions scolaires, ça se passe assez bien, mais dans la mienne, c'est très difficile... Ils sont très fermés à l'école à la maison :-(

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